Le soleil ne brille pas tous les jours sur le monde des CSS et il y a parfois à redire sur les avantages supposés de ce système. Alors, pour ou contre les CSS ? Nous votons pour, sans hésitation. Mais nous souhaitons aussi faire part de nos réserves à ceux qui présentent ce système comme une panacée et qui voudraient imposer le «Full CSS» comme une solution universelle et obligatoire.
Selon l'OpenWeb Group, "les CSS permettent une stricte séparation du contenu HTML et des informations de mise en page".
Dans ce merveilleux système théorique, il devient possible de :
confier la rédaction des pages Web à des rédacteurs ignorant à peu près tout des problèmes de mise en page,
confier la réalisation de la maquette (le "design") à des techniciens/graphistes qui ne s'occupe que de l'esthétique et de la navigabilité du site, sans se préoccuper du contenu que produiront les rédacteurs,
changer la maquette du site à tout bout de champ, sans avoir à recréer les pages : le contenu étant censé pouvoir se glisser dans n'importe quelle forme de présentation.
Accessoirement, ce type de conception est également censé apporter les avantages suivants :
un site aux normes, compatible avec tous les navigateurs du marché, existants et futurs,
un site navigable pour tous, y compris les internautes handicapés utilisant, par exemple, des lecteurs automatiques de texte pour malvoyants.
Ces beaux objectifs se trouvent hélas confrontés à des difficultés de deux ordres :
Difficultés théoriques |
Difficultés pratiques |
La séparation du contenu et de la mise en forme est parfois difficile, pour ne pas dire impossible. Un mot en gras ou en italique, une suite de phrase présentée sous forme de liste, voilà quelques exemples de contenus dont la forme et le fond sont étroitement mêlés. Si des solutions "standards" ont été apportées à ces quelques cas de figure classiques, il en reste une infinité qui posent problème. Voici quelques exemples, choisis parmi des milliers de cas, où la théorie est difficile à appliquer : On pourra rétorquer que ces exemples sont "tordus" et qu'il ne s'agit là que de cas particuliers exceptionnels qu'il suffit de gérer par des solutions elles aussi exceptionnelles. La pratique démontre hélas que ce type de cas particulier se produit sans cesse, sauf à restreindre volontairement la liberté d'expression graphique des rédacteurs et/ou à se contenter d'un résultat nivelé par le bas. Vouloir interdire ou limiter radicalement toute intervention sur la mise en forme aux rédacteurs est un choix délicat qui se traduit par une baisse de qualité du résultat final. Autoriser ce type d'intervention ouvre par ailleurs la porte à tous les excès et compromet gravement la séparation du contenu et de sa mise en forme. La solution à ce dilemme réside toujours dans un compromis plus ou moins heureux. Elle consiste souvent à multiplier les styles proposés au rédacteurs, et donc à complexifier les feuilles de styles qui finissent par "peser" aussi lourd que le contenu en terme de volume. |
Les feuilles de styles CSS ne se sont vraiment répandues que depuis les 10 dernières années. Certains navigateurs, et notamment Internet Explorer 5.5 et 6.0, supportent encore mal (voire pas du tout) certaines de ses fonctionnalités. Il se trouve hélas que la séparation du contenu et de la forme est un problème complexe qui nécessite un support technique solide pour pouvoir être menée à bien. Les limites d'Internet Explorer représentent un handicap majeur pour les concepteurs de sites. Ces différences d’interprétation peuvent être gérées à l’aide de feuilles de styles « conditionnelles ». Dans ce système, le navigateur de l’internaute se verra proposer une feuille de styles spécialement conçue pour lui, ce qui permet de gérer chaque « comportement » particulier de la meilleure façon possible. La mise au point de ces feuilles alternatives demande évidemment une bonne connaissance des particularités de chaque navigateur et des solutions existantes pour contourner les « bugs » ou les bizarreries de chacun. Ces difficultés pratiques mettent en évidence l'un des paradoxes des CSS : alors que ce système prétend : |
Rêve et réalité
Les CSS sont le résultat d'un rêve de théoricien. Si tous les internautes du monde abandonnaient Internet Explorer au profit de Firefox, si tous les textes étaient rédigés de sorte que le fond et la forme soient absolument indépendants et si tous les concepteurs de sites connaissaient la définition des mots "sémantique" et "syntaxique", nous aurions sans doute le devoir de concevoir tous les sites en "Full CSS".
Dans la réalité, le Web est une jungle qui supporte bien mal les tentatives de standardisation et les CSS ne sont qu'un outil imparfait dont nous ne devons pas devenir esclaves. Si l'intérêt d'utiliser cet outil ne fait aucun doute, le bannissement total des tableaux dans la mise en page n'est pour le moment qu'une prouesse technique et non la solution "évidente" aux divers problèmes de design que pose un site Web.
Vous ne parvenez pas à rendre votre site "full CSS" à 100% ? Cessez de culpabiliser et allez en paix ! L'immense majorité des concepteurs de site est dans la même situation que vous et s’en porte plutôt bien !
Il existera peut-être un jour des outils de mise en page exploitant pleinement les CSS et capables de contourner les incompatibilités entre les différents navigateurs. Ce jour là, cette technique pourra enfin prétendre "allèger les coûts de développement" (dixit l'OpenWeb Group) avec raison.
En attendant, l'utilisation - même partielle - des CSS vous amènera à organiser et à structurer vos contenus et vos mises en pages, à réfléchir sur la bonne utilisation des balises et sur l'intérêt de l'accessibilité. Tout cela est formidable et ne pourra que faciliter considérablement les évolutions de votre site.
Tant que vous n'en faites pas une religion, votre intérêt pour les CSS ne peut que vous faire progresser !
Vous pouvez recopier gratuitement le contenu de cette page sur votre site en respectant quelques conditions de bon sens.
Consultez notre page "Reprendre nos articles sur votre site".



La mise en page avec CSS